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Gros déficits dans l’état biologique des cours d’eau suisses



Actus

Édition du 10 septembre 2016


Une nouvelle affaire transfrontalière d’eau agite la vallée de Joux

Les amoureux de l’Orbe supérieure accusent la France d’assécher la rivière vaudoise.

Joël Meylan, pêcheur et président de l'association protectrice de la rivière, s'inquiète de l'état de santé du précieux cours d'eau. Selon lui, l'origine des algues et du manque d'eau qui trouble la rivière vient de France voisine. Le maire nie en bloc. En réalité, le dossier est d'une complexité rare.

 

Image: Jean-Paul Guinnard

Après le vol accidentel de 53'000 litres d’eau par l’armée suisse l’été dernier dans le lac des Rousses (F), à un jet de pierre de la vallée de Joux, la délicate problématique de la gestion internationale des cours d’eau dans le paisible Jura vaudois et français refait parler d’elle.

 

Cette fois-ci, c’est l’état de santé de l’Orbe supérieure qui inquiète. Tirant sa source du même lac français des Rousses, la rivière qui alimente le lac de Joux fait en effet peine à voir. «Le fond est chargé d’algues qui étouffent la rivière. En surface, il y a cette mousse verte qui se développe partout. Un peu plus bas, on a retrouvé des lottes le ventre à l’air. Ce n’est pas joli à voir.»

 

Un brin agacé, Joël Meylan, président de la PEHVO, l’association pour la Protection des eaux de la haute vallée de l’Orbe, a dénoncé l’état de la précieuse rivière dans la dernière édition de la Feuille d’Avis de la Vallée. «Et dire qu’il y a quatre ans on venait encore d’Angleterre pour pêcher ici à la mouche.»

 

Selon les pêcheurs et les protecteurs de l’Orbe, il n’y a pas de doute. C’est un pompage excessif d’eau dans le lac des Rousses qui est à l’origine de la baisse du niveau de l’Orbe et, corolairement, de sa hausse de température. La preuve? Au lieu du débit habituellement mesuré dans la rivière, soit plus de 140?litres/seconde, l’Orbe tirait hier à la frontière à 70?litres par seconde.

 

Le maire des Rousses, Bernard Mamet, n’a pas vraiment goûté les insinuations des pêcheurs combiers. «Je conteste ce qui est dit, répond-il. Nous sommes bien en deçà du pompage qui nous est autorisé. La convention internationale (ndlr: signée en 2013 par les communes suisses et françaises, le syndicat de pompage et le parc régional) nous autorise un million de litres par année. Nous sommes en dessous des 800'000 litres. Et nous sommes parvenus à faire baisser la consommation ces dernières années, alors que notre population a augmenté.» Grande station touristique, Les Rousses ont en effet entrepris de rénover leur réseau d’eau.

 

Spécialiste de cet épineux dossier, qui pique épisodiquement les relations transfrontalières, le député combier Dominique Bonny évoque surtout une combinaison de facteurs: faible pluviométrie et traitement des eaux usées. «La station d’épuration des Rousses est aux normes européennes, pas aux normes suisses, explique l’élu. S’y ajoute qu’elle est située de l’autre côté de la commune. Résultat: les trois quarts de cette eau repartent vers le bassin du Rhône, et non vers l’Orbe.»

 

Le dernier piquage de mouche de la part des pêcheurs combiers ne tombe pas de nulle part. A l’heure actuelle, une série de pistes sont évoquées pour améliorer la situation. On attend, d’une part, l’étude d’un cabinet spécialisé consacrée au suivi de la convention de 2013. S’y ajoute, d’autre part, un récent postulat des députés Bonny et Rochat, qui demandent notamment au Canton d’étudier un rehaussement du barrage situé à la sortie du lac des Rousses. L’augmentation de ses réserves pourrait en sus être couplée, selon les élus, avec un système de pompage des eaux plus profondes, et donc plus froides.

 

Une autre piste, qu’évoquent les pêcheurs, est d’amener de l’eau par conduite depuis Saint-Cergue et le Léman vers le lac des Rousses, ou encore un creusement plus profond de l’Orbe supérieure afin d’en tempérer le lit.

 

Les truites risquent toutefois de ne pas voir de sitôt la couleur de ce projet. Au contraire peut-être d’une nouvelle tentative d’arborisation du cours d’eau, attendue de pied ferme sur place. Pour rappel, les derniers essais de plantage d’arbres afin d’ombrager la rivière s’étaient heurtés aux assauts du froid, des chamois et des lois de protection du paysage.

 

Erwan Le Bec

 

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7 septembre 2016

Fin d’été catastrophique pour L’Orbe supérieure

En ce début septembre, les images de l’Orbe dans le canal au Sentier parlent d’elles-mêmes… Incontestablement, le cours d’eau est aujourd’hui dans un sale état. Dès lors, la situation est plus que sérieuse et l’inquiétude grandit parmi les Combiers face à ce qui est en passe de devenir un véritable désastre écologique pour notre région.


Le canal du Sentier - En aval du pont de la Fiesta

Mais, que se passe-t-il ?

 

Pour faire bref, disons simplement que l’eutrophisation du cours d'eau s’accélère à un rythme qui n’a plus rien de naturel. Un pompage important dans le lac des Rousses ainsi que le manque de débit corroboré par la forte présence de phosphore et de nitrates entrainant un développement d’algues sont à l’origine de ce triste phénomène. Au final, la rivière étouffe et l’ensemble de l’écosystème se meurt.


Le canal du Sentier - A la hauteur du Centre sportif

Un premier semestre pourtant pluvieux…

 

Durant les deux premiers trimestres de cette année, l'Orbe supérieure a profité, hydrologiquement parlant, d’un hiver et d’un mois de juin bien arrosés. Par ailleurs, des débits normaux (au-delà des 140 litres/seconde au Carrot) étaient encore mesurés à la fin juillet.

 

Cela dit, la situation s’est considérablement dégradée depuis et à l’heure où nous écrivons ces lignes, le lac des Rousses ne suffit plus à assurer un écoulement acceptable de la rivière. A ce déficit en eau vient s’ajouter celui du Brassus puisqu’aujourd’hui, seul le trop-plein du captage alimente ledit ruisseau.

 

En conséquence, il est fort à parier que si nous n’avons pas de précipitations importantes ces prochains jours, la mortalité des poissons et de la faune benthique va connaître un pic significatif.

 

De manière globale, l’état actuel de l’Orbe supérieure démontre clairement que l’équilibre hydrologique du cours d’eau n’est plus respecté. Tant s’en faut!

 

Ce grave dysfonctionnement pouvant conduire à la mort de l’écosystème aquatique en quelques décennies, voire même en quelques années, il devient dès lors impératif que le problème soit enfin saisi à bras le corps par toutes les parties directement ou indirectement concernées.

 

Une fois encore, il en va de l’avenir de nos ressources en eau comme de celui du coin de pays que nous léguerons à nos enfants.

 

Pour le PEHVO

Joël Meylan, président

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19 mai 2016

Le PEHVO est l'invité de l'émission "Intervalle" sur Val TV

Le PEHVO (Groupe franco-suisse pour la Protection des Eaux de la Haute Vallée de l’Orbe) est toujours inquiet pour la santé de l’Orbe Supérieure. En cause, notamment, la température de l’eau parfois trop élevée qui menace la faune de cette rivière autrefois très poissonneuse.

 

“Boisement de l’Orbe supérieure ? De l’ombre pour les poissons !”, l’interpellation du député Bonny, s’est soldée début 2016 par un refus du Conseil d’État de boiser les rives de l’Orbe. Les autorités vaudoises donnent en revanche leur feu vert pour un projet pilote.

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17 mai 2016

L'Orbe supérieure dans tous ses (mauvais) états

 

«Si l’année dernière, l’on parlait des débits de l’Orbe historiquement hauts qui ont marqué l’été 2014 (des pointes à plus de 5 m3/s), je commencerai ce rapport 2015 avec le triste record de 7 l/s, enregistré à la frontière suisse le mercredi 12 août 2015 en fin de journée. Touchée de plein fouet par le changement climatique, l’urbanisation et la pression humaine en général, jamais, à notre connaissance, l’Orbe n’a connu pareille situation d’étiage»… Tels sont, en substance, les propos tenus par le président du PEHVO Joël Meylan en introduction de l’Assemblée générale du 13 avril dernier.

 

Est-ce à dire que depuis l’été passé, les choses sont rentrées dans l’ordre et que la rivière coule des jours heureux, bien au frais dans son lit? Tant s’en faut puisque la santé du cours d'eau n’a de cesse de se détériorer… Mauvaise régulation des débits, non-respect des bassins versants, hausse constante des températures, pollutions récurrentes et autres incidents ponctuels sont les causes principales de cette triste et inexorable évolution.

 

Au chevet de L’Orbe supérieure depuis neuf ans, le PEHVO n’a pourtant de cesse de tirer la sonnette d’alarme, de tenter de battre le rappel et de maintenir le fil tendu entre les autorités, les différents services de l’état (CH et F) et la presse sans pour autant voir la situation véritablement changer.

 

Le PEHVO sur tous les fronts

 

Forte d’une centaine de membres, notre association peut cependant compter sur le soutien marqué des deux députés combiers, Nicolas Rochat-Fernandez et Dominique Bonny, ce dernier accentuant régulièrement la pression en multipliant les interpellations au Château.

 

Outre ces interventions qui en 2015 ont plus spécialement concerné le boisement des rives de l’Orbe et la problématique des bassins versants, les actions relayées par le PEHVO se concentrent, encore et toujours, sur le suivi de dossiers sensibles. A savoir le respect de la convention franco-suisse signée en 2013 par les communes de La Vallée et celle des Rousses et, plus récemment, sur l’analyse des rapports et données relatifs à celle-ci (régulations des débits, températures, état sanitaire, etc.).

 

A cela viennent s’ajouter, les différentes démarches liées au renforcement des synergies existantes avec les deux parcs naturels régionaux (PVJ et PNRHJ), les réactions aux pollutions à répétition du Bief Dernier à Bois-d’Amont et l’attention toute particulière portée aux bonnes pratiques agricoles et industrielles (épandages, rejets sauvages, etc.). A noter encore que, suite aux récentes élections communales, le PEHVO se penche sur la redéfinition d’un partenariat avec les GRIM, groupe intermunicipal transfrontalier mis en place en son temps pour veiller à une saine gestion de l’épuration des eaux.

 

Des tourbières…

 

«Pour le citoyen lambda, la problématique de l’Orbe peut paraitre extrêmement complexe. Pour arriver à vulgariser, à prioriser, à planifier, à fonctionner en format conduite de projet avec les indicateurs appropriés, il nous manque un pilote, c’est indéniable. Nous espérons vivement qu’une prise de conscience assortie de pragmatisme, décide enfin nos instances politiques à lancer un projet Interreg», a aussi souligné Joël Meylan.

 

C’est dans ce même souci de vulgarisation que le PEHVO a décidé, cette année, de prolonger son Assemblée générale par une séance d’information publique.

 

Parole a ainsi été donnée à Pierre Durlet, chargé de mission au PNRHJ, lequel s’est attaché à résumer les différentes démarches relatives à L’Orbe supérieure actuellement en cours.

 

Parmi celles-ci, l’on notera l’avancement du programme de réhabilitation fonctionnelle des tourbières de la Vallée de L’Orbe (voir l'annexe ci-dessous). C’est aux rôles multiples qu’elles jouent, spécialement dans le cycle de l’eau, mais encore comme sources d’informations paléoclimatiques, comme puits de carbone et vis-à-vis de l’intérêt paysager qu’elles représentent, que ce vaste projet est consacré. Une attention importante est également portée à l'hydrologie, clef du fonctionnement de ces milieux particuliers.

 

De manière plus ponctuelle, le PNRHJ a décidé de supprimer le seuil au lieudit «La Scie Neuve» (commune de Bois-D’Amont), celui-ci étant infranchissable par les poissons remontant frayer. Par ailleurs, le parc est aussi intervenu auprès des municipalités de Saint-Cergue et des Rousses suite aux pollutions du Bief Dernier.

 

… à la renaturation

 

L’intervention du second invité, Patrick Durand, directeur du bureau ECOTEC à Genève, a, quant à elle, porté sur la renaturation des cours d’eau et les diverses problématiques transfrontalières que celle-ci peut engendrer.

 

Pour ce dernier, L’Orbe supérieure est dans un état général très inquiétant et il est fort à parier que si des actions ne sont pas entreprises rapidement, la dégradation de la santé du cours d'eau va s'accélérer. Cette situation n’ayant, hélas, rien d’exceptionnel, Patrick Durant n’a pas manqué de proposer quelques solutions appropriées et déjà mises en œuvre sous d’autres cieux.

 

La renaturation bien pensée du canal du Sentier et la protection des affluents seraient ainsi les premières mesures à prendre pour pallier au plus pressé…

 

Le PEHVO

17 mai 2016

 

Annexes

La réhabilitation fonctionnelles des tourbières